Depuis lundi, les parents d’élèves du groupe scolaire Anatole France se sont mobilisés pour soutenir une parent d’élèves sans logement, maman de deux élèves scolarisés à la maternelle et à la primaire. La FCPE et les enseignants ont enclenché un mouvement de solidarité pour alerter sur la situation de cette personne au bord de la rupture.
En effet, l’hébergement nocturne proposé aléatoirement par le « 115″ menaçait de lui faire perdre son travail et engendrait une fatigue insupportable pour les enfants. La communauté éducative s’est mobilisée en un temps record pour alerter les élus et la presse. Très vite, une collecte de solidarité permet d’offrir des nuits d’hôtel à la famille et dès mardi, les parents occupent l’école. Si la maman peut se reposer à l’hôtel, des parents et enseignants dorment toute la nuit dans l’école !
Lundi, mardi et mercredi, le collectif est reçu – assez fraîchement – en Mairie, où les différents interlocuteurs se montrent sceptiques sur les chances de réussite du mouvement. Néanmoins, la Ville de La Courneuve s’engage à payer trois nuits d’hôtel à la famille (puis trois autres nuits de jeudi à dimanche).
Jeudi après-midi une bonne vingtaine de parents, des membres de l’AC4R et quelques représentants de la municipalité (jusqu’ici à l’écart du mouvement) sont allés manifester à la Préfecture. Alors que les syndicalistes manifestent d’habitude bien sagement sur le parvis, le groupe a déployé ses banderoles dans le hall suscitant bien l’arrivée d’une impressionnante escouade de policiers enjoignant les parents à libérer les lieux avant toute discussion.
15 minutes plus tard, la promesse d’une discussion dehors a permis l’évacuation volontaire du hall. Le Préfet a refusé de recevoir une délégation disant que suite à l’intervention du député et du conseiller général, les services travaillaient à une solution. La chef de service annoncée n’est pas venue non plus, mais l’intermédiaire de la Préfecture finissait par lâcher aux parents déterminés la nouvelle tant espérée : le représentant du Préfet s’engage à loger la famille dans un hôtel proche de l’axe du tram le temps de lui proposer un logement social!
Pas rancuniers, les manifestants finissent par applaudir les émissaires du Préfet. De retour à l’école, un pot de la victoire où coulent quelques larmes de bonheur est organisé pour 18h00. Dès vendredi, la Préfecture appelle pour proposer un bon de visite pour un appartement F3 à Saint-Denis ! Ce que certains jugeaient illusoire en début de semaine commence à se concrétiser. Moralité : la solidarité peut faire reculer la fatalité !