Marché des Quatre Routes : arrêt aux stands.

Il y a un an et demi déjà, le marché des Quatre Routes faisait l’objet d’un article qui dénonçait une gestion à la dérive. Cette fois ce sont des commerçants qui ont sollicité l’AC4R pour porter à la connaissance de leurs clients et des habitants du quartier les problèmes qu’ils rencontrent.

L’attribution des places et le peu de volonté du concessionnaire et de la ville pour faire appliquer le règlement sont au cœur de leurs revendications. Celles-ci ont fait l’objet d’une pétition signée par une quarantaine de commerçants.

LA LOI DU PLUS FORT

La réglementation prévoit que les commerçants « volants » (qui se voient attribuer une place le matin même) attendent le concessionnaire et son autorisation pour s’installer. Le concessionnaire doit s’assurer que le commerçant est en règle (vérification du K BIS de la société et de la carte professionnelle), que ses marchandises enrichissent l’offre disponible sur le marché et bien sûr doit veiller à ne pas installer deux commerçants vendant des articles similaires à proximité l’un de l’autre.

Selon les témoignages recueillis, certains volants « marquent leurs emplacements » sans attendre l’arrivée du concessionnaire, et gêneraient l’installation des autres commerçants. Au mieux, l’autorité du concessionnaire serait défaillante, au pire…

DEUX POIDS, DEUX MESURES

Les « abonnés » (dont la place est attribuée à l’année) doivent présenter leur carte de commerçant, être inscrits au registre du commerce, et ne vendre qu’une sélection prédéfinie et bien précise d’articles. Le concessionnaire serait moins regardant quand il s’agit d’autoriser les volants à commercer. Cette différence de traitement entraîne de nombreux conflits qui peuvent aller jusqu’aux mains, des abonnés reprochant à certains volants une concurrence déloyale et des pratiques commerciales à la limite de la légalité. C’est donc une véritable course de vitesse : premier arrivé sur les lieux (dès 5h30) premier servi.

DUR D’ÊTRE COMMERÇANTE

« Dans un milieu traditionnellement masculin, pour se faire respecter il vaut mieux avoir une grande gueule » nous confie une commerçante. A La Courneuve, les femmes qui tiennent un stand sont mal vues par certains de leurs homologues masculins pour qui, même en 2013, leur place est à la maison. Les reproches sont courants et les insultes ne sont pas rares. Au point que l’une d’entre elles à demandé du renfort en se faisant accompagner par des membres de sa famille pour dissuader toutes représailles. D’autres reconnaissent que la présence permanente de leur époux est nécessaire pour pouvoir exercer leur activité dans des conditions correctes.

Informé de ces comportements, le concessionnaire n’aurait pas considéré ce problème comme étant de son ressort. Lire la suite